Manif d'art  ven 2 mai 2014

3 Mai - 1 juin 2014

 

Manif d'art met en place cette année la 7ème édition de la Biennale de Québec.  Trois artistes associés à la Galerie Antoine Ertaskiran seront présentés : Mathieu Beauséjour, Dominique Blain et Juan Ortiz-Apuy. 

 

 

Mathieu Beauséjour présente : This is not a riot (2011)

 

L'oeuvre intitulée This is not a riot est une trame sonore d'émeutes urbaines qui suggère une ambiance de détresse, de panique et de chaos. Les échantillons de son choisis par l'artiste proviennent de manifestations turbulentes, captées en vidéo et disponibles sur Youtube, qui ont eu lieu au Caire, à Athènes, à Londres et à Toronto. L'oeuvre rend compte de la rage des peuples contre les autorités policières, financières et gouvernementales. Pour Beauséjour, la machination de la brutalité peut être contrecarrée par l'organisation du chaos et par la mise en commun des forces humaines contre la machine "normalisante". 

 

 

Dominique Blain expose plusieurs oeuvres, notamment La république (1990-2003)

 

Son travail s'articule autour de thématiques qui font réfléchir sur les rapports de force, les inégalités et les injustices. L'oeuvre La république dénonce la répression politique. Une tribune surmontée de microphones est recouverte de photographies d'une foule. Cependant, la bouche de chaque individu a été effacée, suggérant une contrainte imposée à la liberté d'expression. Les oeuvres Au sommet, Photo op 1, Photo op 2 et Photo op 3 portent quant à elles sur la relation entre les gens de pouvoir qui assistent aux différents sommets mondiaux - tels que ceux du G8 et du G20 - et leur responsabilité dans les guerres et les conflits qui ont cours actuellement dans plusieurs pays. Pendant que la photographie "officielle" des chefs d'Etat, ministres et banquiers se décompose, des visages apparaissent. 

Avec l'oeuvre Blancs de mémoire (à Georges Anglade), l'artiste nous confronte à la réalité d'un peuple dont la situation est parfois marquée par le déni et souvent par l'oubli. Dans cet espace restreint, le spectateur se retrouve entre une photographie d'un groupe d'Haïtiens et une projection vidéo d'un rivage balayé par la mer. Par un effet de réflexion, les personnages de cette photographie, animés par le mouvement incessant des vagues, semblent disparaître et réapparaître selon le regard qu'on leur porte. Et en y faisant face, le spectateur les rejoint pendant quelques instant. Le titre de l'oeuvre fait référence à un livre de Georges Anglade, un intellectuel haïtien exilé à Montréal et décédé lors du séisme de 2010. 

 

 

Juan Ortiz-Apuy introduit son installation multimédia : This sleep, full of folded dreams (2014)

 

Pour le projet intitulé This sleep, full of folded dreams, l'artiste croise différents domaines afin d'explorer les idées de l'échec et de la résistance, en politique comme en art. Par des procédés de distorsion, de reconfiguration et d'illusion, l'installation cherche à susciter le doute de la fiabilité de la perception et rend le spectateur conscient de la façon dont nos expériences subjectives influencent la compréhension de ce qui nous entoure. Bien que l'oeuvre se développe à partir d'intérêts pour le formalisme et l'abstraction, l'artiste a choisi d'utiliser des matériaux avec des associations et des usages concrets, comme des tables à café IKEA ou du tissu résistant au feu. 

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